Le Gabon s’étend sur une superficie de 267 667 kilomètres carrés (km²),
avec un littoral de 850 km de long, un plateau continental de 40 600 km² et
une zone économique exclusive de 213 000 km²1
. Riche d’importantes
ressources offshore (pétrole, gaz, ressources halieutiques, etc.), son
domaine maritime, quasi équivalent à ses terres, est confronté à des
menaces et convoitises diverses (piraterie et brigandage, pêche illégale,
immigration clandestine, litige frontalier, etc.2).
Entendue comme l’ensemble des activités cohérentes et coordonnées
mis en œuvre par l’État afin d’assurer l’intégrité de cette partie du territoire
national, la politique de sécurité maritime revêt une importance majeure.
Avec l’ambition de protéger sa biodiversité et de sécuriser ses richesses
maritimes indispensables au développement du pays, la politique de
sécurité maritime du Gabon oscille entre le militaire et le civil. En effet,
c’est à travers une Stratégie maritime intégrée (SMIG), qui est l’ensemble
des actions des administrations civiles et militaires pour sécuriser le milieu
marin, que le Gabon construit sa politique en la matière. Élaborée en 2013,
la SMIG est inspirée de la Stratégie africaine intégrée pour les mers et les
océans 2050 de l’Union africaine (UA). La SMIG est conçue comme un outil
pour faire face non seulement aux défis et aux exigences en matière de
développement durable et de compétitivité mais aussi comme un plan
d’action de la gouvernance sécuritaire maritime.
La sécurité maritime au Gabon a fait l’objet d’une pluralité d’études3
.
Sur la base d’une recherche qualitative faite de recherches documentaires et
d’observations sur le terrain, cette note présente la politique de sécurité
maritime du Gabon au regard du large éventail de menaces réelles et
potentielles qui affectent les eaux gabonaises. Après avoir rappelé la
dimension internationale dans laquelle s’inscrit la politique maritime
